Vous retrouvez ci-dessous l'intégralité du discours prononcé par Monsieur le Maire de Crottet le jour de la célébration du Centenaire des Sapeurs Pompiers de Crottet :
Monsieur le Député
Monsieur le Sénateur Pdt du Conseil Général et Pdt du SDIS
Monsieur le conseiller Régional
Monsieur le Conseiller Général
Messieurs les Maires et les élus
Messieurs les Officiers, sous-officiers et sapeur s pompiers
Messieurs les gendarmes
Mesdames et messieurs
Les pompiers mais aussi les élus de Crottet avaient particulièrement à cœur de fêter ce siècle de vie commune. Nous fêtons aujourd’hui l’osmose entre la commune et ce corps prestigieux qui a choisi de servir.
L’histoire de ce qui est devenu notre compagnie de sapeurs pompiers, ne commence pas en 1909. De tout temps la crainte du feu fut une préoccupation majeure des hommes. Souvenez - vous de vos livres d’histoire et des vigiles dans les villes qui avaient pour mission de détecter les départs d’incendie. Dans les campagnes l’habitat dispersé ne permettait pas ce genre de veille. Les plus anciens parmi nous se souviennent très bien des incendies en période des foins lorsque les gaz issus de la fermentation de l’herbe s’embrasaient à la moindre étincelle détruisant les maisons car le foin était stocké dans les granges partie intégrante de l’habitation. Cette crainte ancestrale, bien avant 1909, faisait bouger les gens, les incitait à se regrouper pour se défendre.
A tel point que déjà en 1857 le conseil municipal délibérait sur ce sujet. Je n’ai pas résisté au plaisir de vous faire part de ce document retrouvé dans les registres de la commune :
Séance du Conseil Municipal du 2 Août 1857
Le Président (Mr Claude Dagaillier, le Maire de l’époque) déclare la séance ouverte et dit que depuis longtemps la grande majorité des habitants de la commune de Crottet désirait se constituer en société de secours mutuel en cas d’incendie et l’a prié de solliciter de la bienveillance du gouvernement, l’autorisation nécessaire pour fonctionner, qu’en conséquence il appelait l’assemblée à délibérer sur cet objet.
L’assemblée ouï la proposition du Maire :
Vu les diverses tentatives que les habitants ont faites pour former cette société de secours mutuel, notamment la pétition présentée à ce sujet en 1849.
Vu la lettre de Mr le Préfet du 30 Janvier 1849 N° 138 par laquelle ce magistrat indiquait la marche à suivre pour obtenir l’autorisation nécessaire.
Considérant que le principe de la mutualité si hautement favorisé par le gouvernement bienveillant de l’Empereur, peut sans inconvénient et très avantageusement s’appliquer à la formation d’une société de secours en cas d’incendie
Considérant que la persistance avec laquelle tous les habitants sollicitent cette faveur, qu’il convient de profiter de ces bonnes dispositions pour arrêter les bases d’une société de secours mutuel.
Après avoir mûrement délibéré, l’assemblée est à l’unanimité d’avis :
1°) que la formation d’une société de secours mutuel en cas d’incendie circonscrite dans les limites de la commune et dans laquelle tous les habitants auraient la faculté d’entrer en se conformant aux règlements et aux statuts de la société soit autorisé.
2°) que tous les habitants de la commune soient autorisés à se réunir pour déterminer les bases de la société et adopter les règlements et statuts qui seront formulés pour cet objet et destinés à être converti en acte authentique après l’accomplissement des formalités nécessaires.
3°) que Mr le Préfet veuille bien avoir la bonté de communiquer à l’assemblée les règlements et statuts et instructions qu’il jugera convenable ou qu’il aura à sa disposition, pour éclairer l’assemblée en ce qu’elle doit faire.
Ainsi fait et délibéré en séance à Crottet les jours mois et an sus dit et avoir délibéré après lecture.
J’ai un peu allégé ce texte, il est très compréhensible à lire mais se comprend plus difficilement à l’écouter.
On ne sait pas précisément ce qu’il advint ce cette délibération, la société de secours mutuel fut surement crée et le corps de volontaires constitué. Les comptes rendus de Conseils municipaux relatent les décisions prises mais rarement leur suivi. En fait il faudrait disposer d’un compte rendu des questions diverses ce qui est rarement le cas.
Quoi qu’il en soit il fallu attendre 1909 pour que le Conseil se saisisse à nouveau des problèmes d’incendie. Dans sa séance du 29 Août 1909 Le Conseil délibérait sur la création d’une subdivision de sapeurs pompiers à Crottet. Je cite :
Après en avoir délibéré, considérant que la commune possède un matériel de secours contre l’incendie, c'est-à-dire une pompe avec son logement et tous ses accessoires et que la création d’un corps de sapeurs pompiers serait nécessaire pour le fonctionnement et l’entretien de ce matériel, décide qu’une subdivision de sapeurs pompiers sera créée à Crottet avec un effectif de 25 hommes. Il désigne Mrs GUYENON Jean Marie et CIZAIRE Benoit pour faire partie de la commission chargée de recevoir les engagements, conformément au décret du 10 Novembre 1903.
Le conseil s’engageait aussi à subvenir aux frais d’organisation et d’entretien du matériel pendant 15 ans. On voit donc que la société de secours mutuel avait bien fonctionné puisqu’elle avait du matériel et un bâtiment.
Ce décret donnait un cadre officiel à toutes ces initiatives dispersées mais extrêmement méritoires qui s’étaient développées au cours du XIX ème siècle. Ainsi donc se trouvait constitué ce corps d’intervention véritablement structuré tel que vient de nous le décrire Christian Dégletagne.
Un siècle plus tard, bien sûr le contexte a beaucoup changé, l’évolution de la société a fait des soldats du feu des auxiliaires tout azimut chargés de résoudre tous les problèmes du quotidien de nos concitoyens. Si la lutte contre l’incendie reste la première raison d’être des pompiers, leur mission s’est beaucoup élargie, les accidents de la circulation, les accidents domestiques de toutes natures mais surtout le secours aux personnes constituent désormais leur missions habituelles.
Pour un maire les pompiers sont devenus les aides indispensables à la vie communale. Pas une manifestation pas une célébration de quelque nature que ce soit qui ne puisse se réaliser sans leur aide précieuse d’encadrement. La commune bien sûr n’a pas arrêté son effort aux 15 ans prescrits par la loi de 1903. Après avoir renouvelé le matériel roulant, il y a quelques années, nous nous retrouvons avec un problème de place, il est vrai que le casernement est exigu on ne peut pas y garer le matériel et les hommes à la fois. Il s’agit là du problème que nous aurons à étudier à rapidement en relation bien sûr avec le Service Départemental d’incendie et de secours.
Aujourd’hui comme hier nous restons derrière nos pompiers pour leur faciliter la matérielle en souhaitant les voir perpétuer la flamme du bénévolat au service de tous comme ils l’ont perpétué dès le milieu du XIX ème siècle, sorte de soldats de l’An 2 au départ, devenus en 2010 l’avant garde des centres de secours
Je n’ai pas voulu limiter mon propos au seul centenaire, la loi de 1903 organisait un état de fait surement assez disparate qui méritait une loi d’encadrement mais elle n’était qu’un acte administratif. Je ne suis pas un homme très sensible aux actes administratifs, ce qui compte pour moi ce sont les hommes.
Je terminerai mon intervention en rendant un vibrant hommage à ces sapeurs qui depuis si longtemps font don de leur temps, de leurs peines et même parfois de leur vie à leurs contemporains. Je souhaite que ce bel idéal perdure encore très longtemps et que nos arrières petits enfants fêteront le bicentenaire.
Vive nos pompiers !



